Hervé Charton, artisan de théâtre

Comédien, improvisateur, metteur en scène, auteur, chercheur, pédagogue...

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Improvisation libre en face àface

Jeu de question / réponse

jeudi 10 novembre 2011, par Hervé Charton

J’ai découvert cet exercice avec Lionel Parlier àl’École normale supérieure. Deux personnes s’assoient face àface sur des chaises, àdistance raisonnable. L’un d’eux initie un mouvement qui engage une réponse immédiate de son partenaire, et ainsi de suite.

À partir de làil n’y a pas beaucoup d’autres indications. Les réponses se font spontanément, sans s’intéresser àce qu’on fait mais àle faire au moment même de l’impulsion.

Il faut cependant porter son attention sur certains points :

  • il se peut qu’il y ait un meneur et un suiveur. Cela dépend des personnalités, mais cela veut souvent dire que le meneur ne se laisse pas assez porter, et que le suiveur est au contraire trop dépendant. Pour que cet exercice fonctionne, chacun doit recevoir les impulsions envoyées par son partenaire [1], mais aussi être obstiné dans sa propre action. Comme pour l’exercice sur la réponse kinesthésique, chaque action en cours ne change que s’il y a une bonne raison extérieure pour que cela change.
  • dans le même ordre d’idée, un rythme peut parfois s’instaurer. Habitués àvoir leurs actions perturbées par l’action de l’autre, celles-ci deviennent limitées dans le temps, dans l’esprit même de celui qui les fait ; il ne les commence plus alors pour les achever, et cela se voit ! Cet exercice travaille autant sur le laisser-faire que sur une solitude, une obstination. Cela peut parfois venir du fait que les personnes en jeu se regardent trop dans les yeux, et donc par làs’attendent, se guettent... Ne pas hésiter àutiliser la vision périphérique.
  • si des situations apparaissent, logiques, souvent elles deviennent banales. Il faut alors accélérer le mouvement, faire en sorte de n’avoir pas le temps de convoquer la logique, la raison, le lobe frontal. Les situations ne sont pas àbannir, cela n’a aucun sens de chercher àles éviter ; si elles apparaissent elles apparaissent, et c’est souvent intéressant. Mais quand elles sont trop contrôlées, trop évidentes, on cesse d’être spontané, et l’improvisation s’effondre, car elle a besoin d’autre chose.
  • une autre tendance est celle du mimétisme, de l’imitation pure et simple du geste qui a été donné. Cela semble naturel, mais comme pour les remarques ci-dessus, dénotent une trop grande dépendance aux propositions de l’autre si cela est systématique.

L’exercice peut ensuite se décliner en utilisant des mots, de la musique, etc... àla place des gestes, puis tout àla fois.


[1cf. le bâton voyageur.

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