Herv Charton, artisan de thtre

Comdien, improvisateur, metteur en scne, auteur, chercheur, pdagogue...

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Mardi 22 novembre, 13h45-17h

Le triangle magique

jeudi 24 novembre 2011, par Herv Charton

Une sance trois, o il a t possible de se concentrer sur des exercices simples, et de dire des choses importantes.

taient prsents : Nomie et Selma.

Une remarque ds l’abord : nous tions trois. Cela a d’abord du un peu tout le monde. Il n’y a pourtant rien de dcevant. Cela peut arriver, chacun avait une bonne raison de ne pas venir cette fois-ci. Le groupe doit tre abord avec cette ide que sa gomtrie ne sera jamais fixe, et qu’il fonctionnera que l’on soit 2, 3 ou quarante.

Et d’ailleurs, cela nous a permis d’avoir un fonctionnement plus souple, de parler plus longuement et avec une meilleure coute, et la sance tait trs satisfaisante !

chauffement

Nous avons cependant parl de la ncessit de constituer le groupe, par des exercices d’chauffement collectif, au dbut de chaque sance. Je ne voulais pas l’imposer ds le dbut, je prfrais que nous cherchions chacun notre faon de rentrer dans le travail. Mais nous avons besoin d’accueillir les nouveaux, c’est un moyen d’y parvenir.

Chacun, tour de rle, a propos des exercices d’chauffement.

Au programme de mardi (non exhaustif) : frottements de la peau, isolations et ronds avec diffrentes parties du corps, salutation soleil.

coute, disponibilit, spontanit avec et sans Bambous

Une fois bien chauds, nous sommes partis sur un exercice avec bambous introduit par Lionel Parlier [1].

On fait normalement cet exercice deux, pour commencer. Il s’agit de mettre trois bambous au sol, en triangle. Chacun se poste un sommet du triangle, et pose un doigt sur les extrmits des bambous. partir de l, chaque diffrence de pression d’un ct ou de l’autre entrane le mouvement dans un sens ou un autre, et il s’agit de le suivre, sans que les bambous ne tombent.

Ce sera plus clair en image :

L’objectif premier est que les bambous ne tombent pas. Cela demande une ractivit extrme, car ceux-ci ne tiennent que grce une lgre pression.

Nous avons dcid, cependant, de ne pas considrer les moments o le bambou tombe comme des checs, et de jouer avec l’accident, de les intgrer au mouvement. Et comme le remarquait Selma, le bruit des bambous qui tombent peut lui-mme produire de nouveaux contenus.

Nous avons termin cet exercice en tentant de le faire sans les bambous. Et paradoxalement, nous tions beaucoup moins libres : plus fixes, nous faisions des rondes, beaucoup plus d’arrts, et les bambous ne tombaient jamais [2]... Le bambou oblige ressentir la prsence des autres et ragir aux moindres impulsions ; mais ce ressenti doit rester prsent une fois les bambous partis. Pour Nomie, il tait clair qu’il nous fallait plus de prcision dans le mouvement, pour sentir les bambous en dtail, et savoir bien ce que nous faisions. Pour moi, c’tait davantage une question de rponse kinesthsique, une capacit se laisser emporter par la moindre impulsion que nous avions perdue en enlevant les bambous. La prcision ne peut pas nuire, mais elle ne me semble pas rechercher dans un premier temps. L o la prcision demande d’tre concentr sur ce qu’on voit, il faut mon sens privilgier un regard flou, une attention diffuse (soft focus en anglais) ce qui nous entoure pour pouvoir ragir au bon moment.

***

Nous avons termin la journe par une improvisation trois, en forme de question/rponse sur des chaises.


En cadeau-bonus cette semaine : un interview d’Alain Knapp que m’a fait parvenir Juliette.


[2 ce sujet, nous avons tent l’exercice de Keith Johnstone sur le tir la corde. Deux joueurs agrippent une corde imaginaire et tentent de faire tomber l’autre. Cet exercice veut mettre le doigt sur une tendance toujours vouloir gagner : jamais personne ne tombe, et la bataille n’a pas d’intrt. Il faut accepter de perdre, de tomber, d’tre emport pour que la bataille soit palpitante.

Messages

  • Excellent cher ami. J’en ai eu des sances trois l’Atelier...
    A demain
    Lionel

  • Pour moi la prcision physique est surtout d’ordre sensible, et permet d’viter un peu de "faire semblant". Et quand je dis physique, c’est de l’ordre des sensations, de ce qui bouge l’intrieur de nous. Quand on parle, quand on bouge, quand on pense, a part toujours d’un endroit prcis. Aprs qu’on en soit conscient ou pas a c’est autre chose... Pour moi, plus on est prcis, plus justement on peut se laisser embarquer par l’impulsion, par le mouvement. a n’empche pas une attention ce qui nous entoure, au contraire, a permet de la dvelopper, de faire corps avec.

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