Hervé Charton, artisan de théâtre

Comédien, improvisateur, metteur en scène, auteur, chercheur, pédagogue...

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Laboratoire interdisciplinaire d’improvisation théâtrale

Je travaille actuellement àune thèse sur l’improvisation, au théâtre et plus largement dans les arts de la scène. M’intéresse l’improvisation non secrète, celle qui se donne àvoir lors de performances ou de spectacles, les enjeux de cette exhibition (car l’improvisation est bien plus souvent un moyen de création privé), et les points de dialogue entre les arts qu’une pratique de l’improvisation permet.

Dans ce cadre, pour que ma recherche théorique se nourrisse toujours du terrain, mais aussi par envie de développer d’autres modes de production pour le spectacle vivant, j’organise un laboratoire de recherche interdisciplinaire sur l’improvisation.

L’objectif est de s’entraîner àproduire, en l’espace de quelques heures, des spectacles d’improvisation, visuellement et dramatiquement riches, faisant intervenir tous les arts du théâtre (comédie, musique, danse, scénographie, lumières, vidéo, son, écriture...). Loin d’une démarche basée sur des thèmes ou des contraintes arbitraires, ces "pièces" cherchent plutôt àrepérer celles et ceux qui existent déjàdans l’environnement de la performance : le public, l’histoire en rapport avec la mémoire collective, l’architecture et la mémoire du lieu où l’on joue.

Ce projet se déploie en deux temps :

  • un temps de recherche, en laboratoire. Ayant réuni un groupe d’artistes (comédiens, danseurs, musiciens, plasticiens, scénographes, auteurs...), nous cherchons àmettre sur pieds une méthode de travail pour la deuxième étape :
    • développer dans chaque discipline une approche de la création spontanée, de l’improvisation (ce qui n’est pas évident pour les lumières ou la scénographie, par exemple)
    • sensibiliser ces artistes àla coexistence sur un plateau, àla co-création
    • développer un mode opératoire qui nous permette de constituer un groupe nouveau, composé d’artistes amateurs ou non, et en quelques heures l’engager sur la voie de la création de pièces improvisées.
    • travailler sur des notions de mémoire, de répertoire, àtravers notamment les lieux et les publics.

Cette phase s’est préparée àtravers mon travail de thèse, le groupe a commencé àse former en juin 2011, 60 personnes de parcours et nationalités très différents en composent le vivier, et la première session de travail a eu lieu le 5 novembre 2011. Elle devrait durer 6 mois et continuer ensuite en parallèle de la seconde étape.

  • Ce deuxième temps est dédié àdes performances publiques, qui ne prennent pour point de départ que la date, le lieu et les gens qui sont là. Une fois ce processus devant mener àl’improvisation connu et maîtrisé, l’ambition est d’aller àla rencontre des publics. Et lànotre désir est d’aller jouer partout où cela nous semblera nécessaire : friches au milieu des déserts culturels, dans la rue, dans des entreprises, chez les particuliers, et aussi dans des théâtres. L’important est que nous nous adressions àdes communautés, qu’il s’agisse des ouvriers d’une usine en Lorraine et leurs familles, des habitants d’une commune du Jura ou des abonnés du Théâtre de la Ville. Dans cette démarche, l’improvisation est utilisée pour que le spectacle, forme et fond, émane d’une rencontre entre des artistes professionnels, avec leurs parcours, leurs envies, et un lieu, et la population qui le fait vivre ; le temps des répétitions serait alors dédié àcette rencontre plutôt qu’àune mise en forme du projet des seuls artistes.

Cette rubrique a pour vocation d’accueillir les compte-rendus de nos séances de travail en laboratoire, d’être une plate-forme d’échange, de présenter des notions et exercices, ainsi que de mettre des informations àdisposition de ceux qui voudraient faire connaissance avec cette démarche (artistes, partenaires éventuels ou futur commanditaires).